ça ne prévient pas

ça ne prévient pas, ça arrive, ça vient de loin …
et ça vient de nulle part. Sans crier gare tout bascule,
Une minute avant tout semblait possible, normal
Et le temps d’un battement d’aile tout s’arrête et c’est la rupture

L’accident.

L’accident, celui qu’on n’imagine pas à l’avance
celui qui nous surprend et nous prend tout, presque tout,
qui nous prend notre verticalité, nos appuis, notre équilibre.
Notre axe explose, le corps s’émiette. Le haut, le bas, tout se confond.
On perd conscience, on perd connaissance, plus rien n’a d’importance.

Et peu à peu on revient.
On revient de loin, on revient au monde, on revient à soi.

Je respire, vite, mais je respire.
Je perçois un vacarme assourdissant dans ma tête.
Peu à peu il se transforme en murmures puis en voix humaines.
Ô il y a des humains. Ô je suis vivant.e !
On s’occupe de moi, comme c’est bon.
Ouvrir les yeux, je dois ouvrir les yeux, me repérer, mais que les paupières sont lourdes. La lumière est si crue. Vite refermons les volets.
Plus rien ne presse, je suis vivant.e !

Jamais la vie ne m’a semblé plus belle et fragile et précieuse.

Gratitude pour cette étincelle qui m’éblouit les yeux jusqu’à me faire pleurer, de joie.

Je vous donne rendez-vous demain pour la suite : Le relèvement

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