Arbre à l'aube

L’ARBRE QUE JE SUIS, bien planté sur mon socle.

J’imagine la sève vitale pénétrer dans mon corps
à partir de mes dix orteils, mes racines.

Je la sens parcourir mes pieds tout entier,
remonter le long de mes deux jambes
et filer le long de ma colonne,
de mon tronc tout entier,
se répandre dans mes deux bras,
dans mes deux mains jusqu’à la pulpe de mes dix doigts,
progresser vers mon cou et là envahir toute ma tête
jusqu’à la racine des mes cheveux.

Tout est mouvement
à l’intérieur de moi,
dans mon corps immobile.
Je suis vivant (e)

Arbre, poème de Carole Martinez

Sur le chemin le mot tremble
Il frissonne, si plein d’air,mais le A , en appui sur ses deux jambes
s’enracine dans ma gorge.
Voilà qu’en marchant je le prononce encore et encore,
et que déjà je le sens qui m’habite,
me redresse,
me pousse dans la tête.
Je ne parviens pas à le dire
sans lever le menton et regarder l’horizon,
ce mot m’est un tuteur.

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