Quand l’eau s’immobilise

En cet période trouble et covidé

Si je ne garde pas ma tête hors de l’eau, je me noie
Si je sombre dans les profondeurs de la peur, je me noie
Si je laisse les infox piloter mes angoisses, je me noie
Si je ferme mon regard et m’interdis tout sourire, tout bonjour, je me noie
Si je ne nage plus, si je ne bouge pas, l’eau m’engloutira vers les fonds

Si je ne respire pas de tout mon corps, je m’asphyxie
Si je ne fouille pas dans ma mémoire pour retrouver un visage ami, je m’oublie moi-même
Si je n’inspire pas un peu de Liberté, j’étouffe
Si je ne quitte pas ma prison, je m’enferme dans mes murs
Si je ne sors pas de mes maugréments (néologisme de moi), je m’épuise
Si je me laisse aller à mes ruminations mentales, je coule corps et âme

Car

Quand l’eau s’immobilise, la vie s’arrête
L’eau n’est pas faite pour stagner, sinon elle pourrit
L’eau est faite pour tomber du ciel, pour irriguer la terre
L’eau est faite pour circuler de notre tête jusqu’à nos pieds
L’eau est faite pour courir entre les pierres, le long des berges
L’eau est de là. C’est notre eau d’ici
et de maintenant.

Nous sommes issu.es de cette mer-matrice
Nous la retrouverons un jour…
Mais aujourd’hui nous avons besoin de marcher, de courir, de danser,
de rêver à l’océan lointain, interdit …

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